mardi 21 juillet 2009

Abderrahim Amrani

Abderrahim Amrani : Abderrahim Amrani Marrakchi, n'est pas un marrakechi (né en 1962 à Fès), surnommé Hamadcha de Fès, est un musicien, et maâlem hamdouchi. Il chante Dieu et la vie et se fait connâitre comme un brillant soufi et l’un des derniers chefs de groupe, « moqaddem », de la confrérie des Hamadchas.Son groupe est sollicité régulièrement par des festivals de musiques traditionnelles tant au Maroc qu’à l’étranger ou encore le 26 novembre 2008, à l'Unesco. Il est le fondateur de l'Association Mohammed el Fassi de tarab malhoune. Ces hommes comptent parmi les derniers soufis populaires du Maroc qui maintiennent et transmettent une culture vieille de plusieurs siècles mêlant dévotion, thérapie, danse et musique.Contexte musicalAux côtés des Gnawas et des Aïssâwa, les Hamadcha appartiennent aux trois confréries soufies marocaines dites "populaires" les plus importantes du Royaume chérifien. Fondée par le Saint Sidi Ali Ben Hamdouch au XVIIéme siècle, cette confrérie s’est illustrée au cours de son histoire par l’originalité de son répertoire, ses danses envoûtantes et les qualités de transe-thérapeutes de ses membres.Particularités musicales au Maghreb, leurs instruments, leurs modes rythmiques et mélodiques ne se rencontrent qu’au sein de la confrérie et sont d’une rare complexité. Une large partie du répertoire des Gnawas et des Aïssawas est directement empruntée aux Hamadchas sous la dénomination « el hamdouchiyya ». Cette musique étonnante est le support d’un rituel très ancien où se mêlent louanges au saint fondateur et séances de transe.Hamadcha Mexican - video powered by MetacafeLe rituel des Hamadcha, à l’instar de celui des Gnawas, est un espace de thérapie. A ce titre les Hamadchas furent longtemps considérés comme des experts thérapeutes, sollicités au sein des familles pour leurs connaissances en « médecine de l’esprit ».Comme toutes les confréries musulmanes, les Hamadchas se subdivisent en groupes distincts propres à chaque cité ou région. Les groupes sont affiliés à Sidi Ali Ben Hamdouch et à ses descendants. A l'occasion de leur moussem, ils se réunissent chaque année autour du tombeau du saint dans la région de Meknès.Le moussem du saint Sidi Ali Ben Hamdouche, fondateur de la confrérie des Hamadcha, se tient chaque année, pendant une semaine, après les sept jours de la fête du Mawlid, qui célèbre la naissance du prophète Mahomet.
Biographie et évolution musicale Sa vie est une mélodie qu'il raconte en musique et spiritualité. Difficile de le faire se rapporter à sa simple existence. Chaque détour de ses phrases est le prétexte heureux à citer un vers, fredonner un poème ou raconter une anecdote de la mémoire collective.Amrani est un puit d'histoires et pas uniquement celles relatives à celles de la confrérie soufie des Hamadcha dont il s'impose localement comme le maâlem incontesté. Il fait partie de ces détenteurs d'une mémoire vivante en voie d'extinction. De ses doigts, il bat la mesure sur la table, tire sur sa cigarette et regrette toute cette culture que « la seule tradition orale ne suffira pas à faire survivre la tradition séculaire ».Abderrahim est né à Fès, précisément à Derb Mechmacha, le quartier des artistes au cœur de l'ancienne ville, avant d'être emmené par son oncle et sa tante à Constantine où il grandit. « Deux grands lieux de culture du Monde arabe », souligne-t-il. « J'habitais Souk El Assar, homa fennia, en face d'un grand maître de la musique arabo-andalouse, El Hadj Mohamed Tahar Fergani, et voilà comment j'ai passé mes 15 premières années bercé par cette musique dont je vis aujourd'hui ». L'oncle est un adepte de Malhoun. C'est auprès de lui qu'Abderrahim apprend sa première Qasida à l'âge de 4 ans, « un morceau écrit par le grand M'barek Soussi ».Ce dernier était également connu comme un auteur du XIXème siècle qui a donné des chansons érotiques très en vogue telle la populaire "youm EL Jemaa kharjou Ryam". A l'école primaire, Abderrahim suit avec assiduité les cours de musique, « obligatoires en Algérie et dont je déplore l'inexistence au Maroc ».En 1978, à la mort de Boumediene, le pouvoir de la junte militaire algérienne se déclare de plus en plus menaçante. Est-ce la peur de n'être plus accepté en tant qu'étranger ou la conscience de ne pas être à la place qui est la sienne ? Qu'importe, Abderrahim rejoint sa ville de Fès natale. Il a 16 ans et l'école n'est plus l'objet de ses préoccupations. « C'est l'histoire algérienne que j'avais étudiée, moi ». A cet âge, il assiste au côté de son père à sa première « Lila. Le destin en est scellé. Musicien tu es et musicien tu seras, au grand dam du patriarche qui voulait pour son unique fils un métier « qui fasse vivre et pas seulement rêver ».Devant un tel refus, Abderrahim doit se faire seul. Il visite les anciens, les conjure de lui apprendre l'art des musiques soufies, gratte le guembri et accompagne les différentes Taïfas. Il s'éduque aux autres Tarîqat, « Jilala, Aïssawa, Gnawa… , au Malhoun également, avant de pouvoir approcher celle de mes aïeux, Hamadcha étant la plus laborieuse rythmiquement ». Dix longues années d'initiation mystique et musicale avant de monter sa propre Taïfa en 1986. Et enfin la reconnaissance du père et du maître. « C'était à Essaouira, au Festival des Gnaouas . Les gens l'ont aidé à monter sur scène où il m'a félicité ».Abderrahim Amrani vit et travaille actuellement à Fès où il demeure l'incontournable interlocuteur de tout curieux des arts musicaux traditionnels ou des musiciens étrangers désireux d'apprendre ces rythmes séculaires.Le Chef de la Taïfa Hamdouchiyya dirige une maison de production le jour, écrit et chante la nuit. Entre les deux, chaque dimanche, il reçoit des enfants qu'il forme aux chants spirituels et conclut : « la musique est présente en chacun de nous. C'est le lieu où nous vivons qui la fait s'exprimer ».Dans un Maroc en pleine modernisation où l’avenir des pratiques traditionnelles est chaque jour plus incertain, les Hamadchas, comme les autres confréries soufies, sont menacées.

Idir l'amazigh

Idir l'amazigh : Né en Kabylie dans le village d'Aït Lahcêne, Idir n'a jamais dévié d'une trajectoire commencée par un radio-crochet à la radio-télévision algérienne en 1973, poursuivie à Paris avec un tube demeuré inoubliable - c'est sûrement l'une des grandes chansons du siècle -, "A Vava Inouva" "Mon petit père", présenté en 1973 à Alger, enregistré sur 33 T chez Pathé-Marconi en 1976). Douceur, balancement de la mélodie, arrivée de la guitare empruntée au folk et à la chanson à texte : voici comment les Kabyles (Idir, Aït Menguellet, Matoub Lounès, Ferhat), appartenant à un groupe dit minoritaire et parlant le tamarzight, "la langue de l'homme libre", et non l'arabe, ont changé la face de la musique algérienne, à l'instar du raï oranais quelques années plus tard. "A l'époque, dit Idir, les canons du bon goût étaient ceux du Moyen-Orient. La chanson kabyle a remplacé les quarante violons d'orchestre par deux guitares et deux voix".Garder ses racines pour explorer le monde : telle pourrait être la devise d'Hamid Cheriet, dit Idir ("Il vivra" en kabyle). Il demeure un mythe auprès de la communauté algérienne en France, majoritairement kabyle. Les plus jeunes l'aiment comme un grand frère de philosophie.Défendre la langue berbère, la richesse des différences culturelles, le droit à la poésie et la démocratie éclairée sont quelques uns de ses préceptes.En 1973, le jeune étudianten géologie, enfant de la Révolution algérienne, fils de paysan né en 1949 en Grande Kabylie, se destinait à prospecter le pétrole et l'eau dans les régions désertiques du sud algérien, chante une berceuse sur Radio Alger, remplaçant in extremis une vedette défaillante. Quelques mois plus tard, soldat encaserné à Blida, il entend "A Vava Inouva" sur Radio France. "C'était bizarre". Venu à Paris en 1975, il dit avoir senti deux fois le sentiment de l'exil, cette puissante mélancolie qui l'unit aujourd'hui à l'Ougandais Geoffrey Oryema : à Paris et à Alger, où dès l'âge de neuf ans, il est élevé à l'école des missionnaires jésuites. Etre kabyle passe alors pour une marque de dissidence "bouseuse". Bretons et Auvergnats y reconnaîtront les brimades infligées à leurs ancêtres. Idir, de Paris, accompagnera l'histoire de son pays, le Printemps berbère, révolte contre le pouvoir central en 1980, les massacres de civils dans les années 90. Idir n'a cessé d'appeler à la réconciliation nationale, à l'anti-fanatisme, organisant "L'Algérie, la vie", un concert commun avec l'arabophone Khaled en juin 1995, ou participant à l'hommage à Matoub Lounès assassiné en juin 1998.Identités est le troisième album d'Idir. En trente ans de carrière, c'est peu. Suffisant, pour qui vit à l'écart des affaires industrielles de la musique et pèse ses chansons comme ses mots :Deux microsillons, A Vava Inouva en 1976, Nos enfants en 1979, compilés ensuite sur le même CD, Les chasseurs de lumières en 1993. Un duo avec le breton Alan Stivell, et toujours cette extrême délicatesse des flûtes, des voix, de la guitare.Six ans plus tard, Idir s'apprêtera à construire un album solo. Mais il est happé par la proposition d'une sorte de Tribute To, où il est payé de sa générosité en retour. "C'est un Tribute To où je suis le seul présent partout", un hommage où Idir demeure maître et servant de ses chansons, où il crée des titres inédits que d'autres ont composés pour lui, dont "A Tulawin" de Manu Chao, l'ex-Mano Negra, revenu au devant de la scène avec Clandestino en 1998. "Que ces gens veuillent partager des chansons avec moi est une forme de reconnaissance", dit Idir. Déjà adapté en kabyle, mais avec une traduction pratiquement littérale, par Brahim Izri, né dans le même village qu'Idir, San Francisco de Maxime Le Forestier devient Tizi-Ouzou, et la maison bleue, "le symbole de la contestation et de la volonté de vivre la culture kabyle". Maxime Le Forestier n'y est pas resté insensible, qui vient chanter en kabyle la nouvelle version de sa chanson, hymne de la nouvelle vague de la chanson française des années 70." Il fallait que ce soit suffisamment kabyle pour que je puisse pointer le bout de mon nez, mais assez discret pour laisser les autres libres".Voici donc, L'Orchestre National de Barbès (ONB), Gnawa Diffusion, de joyeux groupes organisant la résistance musicale de la jeunesse maghrébine de France, sans exclusivité de nationalité ou d'appartenance éthnique, mélangeant la richesse de la musique du Maghreb, des transes gnawas à la chanson kabyle. Voici le DJ Fred Galliano, le franco-gallicien Manu Chao, les Bretons manipulateurs de sons."J'ai choisi des gens qui sont en pleine ascension, plutôt que des artistes établis", dit Idir.Identités n'en devient pas une mosaïque pour autant : Idir mène la danse avec la concision et la musicalité qui lui sont propres.

Gnawa Diffusion


Gnawa Diffusion : mélange de musiques traditionnelles du maghreb, de raga, de punk, de rock, de chaâbi et de gnawa, sur des textes ironiques et critiques. le tout est porté très loin par le chanteur amazigh kateb (fils de kateb yacine, le grand écrivain algérien), un artiste à la forte présence. les
gnawa diffusionsont un futur grand groupe. parti d'un tremplin rock de la région de grenoble en 1992, ils font aujourd'hui se lever des salles entières de 8 000 à 10 000 personnes et leur tournée de 1999 les a emmenés au proche-orient, en angleterre, en allemagne, aux pays-bas... leur public est un public métissé et enthousiaste qui ne se demande même pas s'il écoute ou non de la world music et qui se reconnaît immédiatement dans la musique et les textes des
gnawa diffusion. les paroles sont un des points forts des gnawas. elles sont soit ironiques et sensuelles ("je voudrais être un fauteuil dans un salon de coiffure pour dames pour que les fesses des belles âmes s'écrasent contre mon orgueil") ou carrément politiques ("car sur ma terre natale se bâtissent de nombreux édi-fis les minarets culminent et les écoles rétrécissent fln père et fis nous mènent au sacrifice"). il est logique que les textes soient au centre de la démarche des
gnawa diffusionpuisque leur leader est amazigh kateb, le fils du grand écrivain algérien yacine kateb, mort en exil à grenoble (france) en 1989.amazigh (dont le prénom signifie "homme libre" en berbère) est un personnage. d'abord, c'est une vraie bête de scène, à la présence charismatique et dont l'énergie semble inépuisable. c'est un vrai fouteur de boxon, il le sait. et il en abuse parfois. et, surtout, c'est un garçon qui a des choses à dire, qui a trouvé son cap et qui sait le tenir. il n'est pas même sûr que les gnawas aient un plan de carrière. disons plutôt qu'ils avancent de plus en plus vite et de plus en plus loin, entraînant avec eux un public chaque jour plus nombreux. loin de la démagogie ambiante, dénonçant les magouilles et les manipulations, les
gnawa diffusionséduisent surtout par l'authenticité de leur démarche. par exemple, sur leur cd "algéria", les paroles de la première chanson ne sont volontairement pas traduites et remplacées par le texte suivant : "algéria : ce texte n'est pas traduit parce que la situation en algérie est intraduisible et ne se brosse pas en une chanson ou en un disque. il faut considérer les chansons qui en parlent dans cet album comme faisant partie d'une grande famille (discrète) d'alternatives algériennes et non algériennes. en algérie, l'encens brûle et on sacrifie les petites filles. c'est le nouveau cérémonial que nous imposent les sorciers aux bras longs. qui ne retiennent de la magie que le noir".

lala moulati ana9a maghribia